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Tarascon : la préfecture alerte sur la sécurité du site liquidé

Tarascon : la préfecture alerte sur la sécurité du site liquidé

Par : ProcédureCollective4 sept. 2026
La préfecture des Bouches-du-Rhône a sommé le liquidateur judiciaire de l'usine Fibre Excellence de Tarascon de rétablir en urgence les dispositifs de sécurité, après un déversement de produits chimiques.

Le passif du groupe atteindrait près de 105 millions d'euros. Selon la préfecture, la sécurité du site classé Seveso seuil bas n'est « plus correctement assurée » depuis l'arrêt de certaines installations électriques début septembre. Cette coupure, décidée par le liquidateur contre l'avis des anciens salariés, a entraîné la mise à l'arrêt partielle du système de défense incendie et de la station d'épuration chargée de recueillir les rejets chimiques vers le Rhône.

Un incident révélateur

Le 1er septembre, un déversement accidentel s'est produit. Cinquante mètres cubes de « liqueur noire » ont atteint une zone de rétention, et six mètres cubes ont gagné la station d'épuration, désormais inexploitable. Onze tonnes de bois et d'importants stocks chimiques demeurent sur le site, dont du peroxyde d'hydrogène, du propane et du fioul lourd. La préfecture y voit un risque d'incendie majeur ou de pollution en cas de nouvel incident.

Un arrêté de cinq pages a été transmis jeudi au liquidateur. Il exige un redémarrage immédiat des équipements de sécurité. Le texte prévoit des amendes administratives pouvant atteindre 45 000 euros, assorties de 4 500 euros par jour de retard. Des agents de la Dreal devaient inspecter les lieux vendredi. Jean-Michel Bulinge, délégué CGT et technicien de maintenance depuis près d'une décennie, a dénoncé un liquidateur qui « n'en fait qu'à sa tête ».

Origine du dossier

Le groupe employait environ 700 salariés sur ses deux sites, Saint-Gaudens en Haute-Garonne et Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. Il appartient au papetier indonésien Jackson Wijaya et a été placé en redressement judiciaire fin avril. Le 27 juillet, le tribunal de commerce de Toulouse a rejeté l'offre de reprise globale portée par le financier Matthieu Pigasse, malgré le soutien affiché des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il a prononcé dans la foulée la liquidation judiciaire du site de Tarascon, qui comptait 270 salariés.

Une quarantaine d'anciens salariés se relayaient jour et nuit pour surveiller les installations. Leur mission a pris fin avec leur contrat, fin août. Depuis, les syndicats réclament leur association aux opérations de sécurisation, estimant la passation insuffisante. Le mandataire judiciaire, Alix Brenac, avait pour sa part évoqué un surcoût électrique de 50 000 à 60 000 euros par semaine lié au maintien de certaines activités par le personnel.

Un second dossier en parallèle

Un second site du groupe attend une décision du tribunal de commerce de Toulouse, prévue le 8 septembre. Une agence régionale d'investissement a déposé une offre de reprise appuyée sur un nouvel investisseur du secteur de la pâte à papier. La présidente de région concernée réclame par ailleurs une nationalisation temporaire de l'usine et un apport de 15 millions d'euros. L'objectif affiché est d'obtenir quatre mois supplémentaires pour finaliser une reprise. Le ministre délégué chargé de l'Industrie a écarté cette option. La poursuite de l'activité a néanmoins été autorisée jusqu'au 15 septembre, le temps qu'une solution émerge.

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