
Le dossier des Girondins de Bordeaux connaît un nouveau rebondissement judiciaire et sportif. Alors que le club évolue sous la menace d'une liquidation, le tribunal de commerce de Bordeaux a validé mardi le protocole de conciliation et le plan de reprise présentés par le fonds d'investissement britannique Sparta Capital, associé à Park Bench. Une décision qui ne suffit toutefois pas à écarter tout risque, tant l'avenir du club reste suspendu à son maintien dans les championnats nationaux.
Dans son jugement, motivé et rendu mercredi matin, le tribunal a constaté que le club n'était pas en état de cessation de paiements au sens strict, les salaires de juillet ayant été réglés par les repreneurs. Les magistrats ont estimé que les 10,6 millions d'euros placés sous séquestre, complétés par 10 millions d'euros disponibles sur un compte ouvert auprès de la banque JP Morgan, permettaient de régulariser les échéances impayées du plan de continuation et d'assurer son financement sur les trois prochaines années, dans l'intérêt des créanciers. Les conditions suspensives liées à l'engagement de Bordeaux Métropole sur une baisse du loyer du stade et à l'accord des créanciers Fortress et King Street ont par ailleurs été levées.
Reste un obstacle de taille : la libération des fonds sous séquestre est conditionnée au maintien du club en quatrième division, le National 1. Le président de la chambre du conseil a donc demandé, sans pouvoir l'imposer, au Comité exécutif de la FFF de réexaminer la possibilité d'un maintien à cet échelon, avertissant qu'à défaut, « la société irait probablement vers la liquidation ».
Ce nouvel épisode intervient après le rejet, le 21 août, par le tribunal administratif de Paris, de la requête en référé-suspension déposée contre l'exclusion des Girondins des championnats nationaux, confirmée en appel le 15 juillet. Cette décision imposait en principe au club de repartir en Régional 1, sixième échelon du football français, un scénario jugé incompatible avec la survie économique de la structure par ses dirigeants. Sparta Capital et Park Bench n'ont toutefois pas renoncé et envisagent un recours devant le Conseil d'État, tout en explorant la voie d'une saisine du Comex de la FFF.
Cette dernière option repose sur l'article 199 du règlement fédéral, qui permet à douze membres du Comex, sur les vingt-sept que compte l'instance, de demander un réexamen d'une décision jugée contraire au règlement ou à l'intérêt supérieur du football. C'est dans ce cadre qu'une visioconférence de point d'étape s'est tenue ce jeudi matin, en présence d'Alexandre Gougnard, président du District de Gironde et membre du Comex, qui a précisé qu'aucune décision définitive n'y serait prise, l'objectif étant d'harmoniser le niveau d'information de l'ensemble des participants.
Le président des Girondins, Dominique Delport, a alerté sur les conséquences d'une relégation forcée en Régional 1, évoquant un club qui débuterait la saison avec 40 millions d'euros de dettes et de risques, une situation qu'il qualifie d'inédite. Il a averti que les créanciers, qui avaient accepté en 2025 de voir leur créance ramenée de 100 à 26 millions d'euros dans le cadre du plan de continuation, ne resteraient pas passifs face à un tel dénouement. Selon des sources proches du club, Fortress, principal créancier, étudierait des recours judiciaires pour préjudice si la liquidation venait à être prononcée. De son côté, Dominique Delport assure que les repreneurs sont prêts à investir 100 millions d'euros sur dix ans si le maintien en National 1 est accordé.