Quinze salariés travaillent aujourd'hui pour ce constructeur nantais spécialisé dans les voiliers haut de gamme en carbone. La procédure ouverte doit permettre de maintenir l'activité pendant qu'un administrateur judiciaire organise la recherche d'un repreneur. Les candidats à la reprise ou à l'investissement ont jusqu'au 14 septembre 2026 pour déposer une offre.
Selon Thomas Brette, qui a repris l'entreprise en 2025 après une carrière chez Bic, les difficultés proviennent directement de la production de deux catamarans de 69 pieds, soit environ 21 mètres. Leur valeur unitaire, comprise entre 7 et 8 millions d'euros, n'a pas suffi à compenser des coûts de fabrication largement supérieurs aux estimations établies en 2024. Ce dérapage a fragilisé la trésorerie du chantier, engagé depuis deux ans dans une diversification vers les multicoques après près de deux décennies centrées sur les monocoques.
Fondée en 2007 par Michel Douville de Franssu, l'entreprise s'est bâti une réputation grâce à sa gamme Code, du Code 0 au Code 2, des voiliers de 8,50 à 23 mètres alliant lignes classiques et construction composite. Une centaine d'unités naviguent aujourd'hui dans le monde. Le chantier a aussi construit trois IMOCA dessinés par Sam Manuard, dont L'Occitane en Provence, mis à l'eau en 2020 pour Armel Tripon et devenu depuis Bureau Vallée, suivi d'Initiatives-Cœur en 2022 puis d'OceansLab Innovations.
Avant l'ouverture de la procédure, Black Pepper Yachts avait multiplié les démarches pour étoffer son carnet de commandes de monocoques, socle historique de la marque. L'entreprise indique avoir participé à plusieurs salons nautiques, notamment à Düsseldorf, à Rotterdam et au Danemark, pour élargir son réseau de distribution à l'international. Des acheteurs potentiels se seraient manifestés en Allemagne, en Suisse, en Hongrie, au Danemark et aux Pays-Bas. Selon l'entreprise, ces contacts ont fait émerger de nouvelles opportunités commerciales, en France comme à l'étranger, sans que leur nombre ni leur montant soient précisés. Un Code 0.1 se négocie entre 300 000 et 600 000 euros selon les options retenues.
La question du financement reste entière. Le niveau d'avancement des deux C.69 en cours de construction, les sommes restant à engager et les engagements contractuels associés conditionneront l'ampleur des besoins du futur repreneur. Ces éléments n'ont pas été rendus publics. Le chantier ne communique par ailleurs ni sur le montant de son passif, ni sur son chiffre d'affaires récent, ni sur le nombre précis de salariés concernés par la procédure.
Le catalogue actuel comprend désormais le C.69 et un C.100 de 30 mètres, aux côtés de la gamme historique de monocoques et de tenders à moteur de 17 et 24 pieds. Reste à savoir si un repreneur poursuivra cette diversification vers les multicoques ou choisira de recentrer l'activité sur les monocoques, cœur du savoir-faire du chantier depuis sa création.