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André, 130 ans d'histoire, liquidée après trois redressements

André, 130 ans d'histoire, liquidée après trois redressements

Par : ProcédureCollective30 sept. 2026
Le TAE de Paris a prononcé le 9 septembre 2026 la liquidation judiciaire du chausseur André, réduit à 30 salariés pour 11 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025.

Fondée à Nancy en 1896, l'enseigne comptait encore 250 salariés il y a trois ans. Elle était en cessation des paiements depuis le 30 juin 2026. Le tribunal évoque des problèmes avec le bailleur. Les négociations avec Westfield, qui exploite les centres commerciaux abritant ses derniers magasins, ont échoué.

Trois redressements en cinq ans

Trois redressements judiciaires ont ponctué les cinq dernières années. Spartoo rachète l'enseigne en 2018. Deux ans plus tard, François Feijoo reprend le dossier via sa société 1Monde9. Le réseau tombe alors de 180 à environ 50 boutiques.

Un deuxième redressement survient en février 2023. La société belge Optakare, dirigée par Karim Redjal, reprend alors 21 boutiques et 119 emplois. Le réseau se réduit encore.

Un troisième redressement suit en avril 2025. Le réseau ne compte plus alors que 16 magasins et 99 salariés. Les ventes plafonnent.

L'année suivante, Karim Redjal reprend une nouvelle fois l'enseigne. Il promet de maintenir 43 emplois et sept boutiques. Cette tentative ne tient que six mois.

Loyers et concurrence numérique

Le poids des loyers en centre commercial a pesé lourdement sur les comptes du groupe. Le loyer, lui, ne baissait pas. Les documents du redressement d'avril 2025 évoquaient une conjoncture dégradée et des charges locatives en hausse, incompatibles avec des ventes en recul constant.

André a par ailleurs subi de plein fouet les mutations du commerce de détail. La pandémie de Covid-19, puis la hausse des coûts liée à la guerre en Ukraine, ont fragilisé une trésorerie déjà tendue. Le secteur entier vacille. La montée de la fast-fashion, incarnée par Shein, et celle de la seconde main, portée par Vinted, ont accéléré l'érosion des ventes en magasin. D'autres enseignes, comme Minelli, San Marina ou Camaïeu, ont connu des trajectoires comparables ces dernières années.

Pour les 30 salariés restants, la liquidation ouvre une période d'incertitude. La procédure doit organiser le traitement des conséquences sociales et la cession éventuelle des actifs, sous l'autorité du tribunal. La marque pourrait en théorie intéresser un repreneur distinct de l'exploitation opérationnelle, mais aucune offre de ce type n'a été mentionnée à ce stade.

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